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CIM-11, LOINC, ATC : les codes qui font parler les systèmes de santé

CIM-11, LOINC, ATC et SNOMED CT expliqués simplement : ce que code chaque liste, comment FHIR transporte ces codes et ce que des codes communs changeraient au Sénégal.

Équipe Quralys6 min de lectureRead in English
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En bref

  • Un code est une étiquette stable pour un sens précis : la CIM-11 nomme le diagnostic, LOINC l’analyse, ATC le médicament et SNOMED CT le détail clinique.
  • La CIM-11, publiée par l’OMS et en vigueur depuis 2022, et LOINC, du Regenstrief Institute, sont gratuites ; SNOMED CT est sous licence, avec des exonérations pour certains pays.
  • FHIR transporte les codes de façon standard : un diagnostic posé au Plateau peut être compté, remboursé et vérifié partout, sans ressaisie.

La même semaine, à Dakar, un médecin du Plateau écrit « paludisme » dans un dossier, un laboratoire des Parcelles Assainies rend un test positif à « P. falciparum », et le logiciel de facturation d’une clinique enregistre « palu ». Un humain y lit la même maladie. Un ordinateur voit trois mots sans rapport : le cas est compté de trois façons différentes, ou pas du tout.

Les codes règlent ce problème. Cet article présente les quatre listes de codes les plus utilisées en santé, la CIM-11, LOINC, ATC et SNOMED CT : à quoi sert chacune, comment le standard FHIR les transporte, et ce que des codes communs changeraient pour les cliniques, laboratoires et pharmacies du Sénégal. Aucune connaissance informatique n’est nécessaire.

Pourquoi les mots ne suffisent pas

Un code est une étiquette courte et stable, attachée à un sens précis. Les mots autour peuvent changer selon la langue, le médecin ou le logiciel ; le code, lui, ne change pas. Cela rend trois choses possibles.

  • Compter. Les statistiques nationales, comme le nombre de cas de paludisme vus ce mois-ci, additionnent des codes, pas des orthographes.
  • Vérifier. Un logiciel ne peut signaler une interaction médicamenteuse ou une erreur de dose que s’il sait exactement quel médicament a été prescrit.
  • Rembourser. Un assureur ou une mutuelle peut traiter une demande automatiquement quand le diagnostic et le traitement sont codés.

La difficulté, c’est qu’aucune liste ne couvre tout. Diagnostics, analyses et médicaments relèvent de familles de codes différentes, chacune tenue par une organisation différente.

La CIM-11 : le diagnostic

La Classification internationale des maladies est publiée par l’Organisation mondiale de la Santé. Sa onzième révision, la CIM-11, est entrée en vigueur en 2022. L’OMS la présente comme entièrement numérique, avec « environ 17 000 codes uniques » et « plus de 120 000 termes codables » (traduction), et librement accessible sous licence ouverte.

La CIM est la liste qu’utilisent les pays pour déclarer les causes de décès et de maladie : c’est le code naturel du diagnostic. Dans la CIM-11, le paludisme à Plasmodium falciparum, l’espèce responsable de la plupart des cas en Afrique de l’Ouest, porte le code 1F40. Que le dossier dise paludisme, malaria ou palu, il peut porter 1F40, et chaque système y lit la même maladie.

La CIM-11 s’accompagne aussi d’un navigateur en ligne et d’un outil de codage : le médecin cherche avec ses mots et choisit le code, sans avoir à l’apprendre par cœur.

LOINC : l’analyse

LOINC, pour Logical Observation Identifiers Names and Codes, nomme les analyses de laboratoire et les mesures cliniques. Le système a été lancé en 1994 au Regenstrief Institute, aux États-Unis, et sa licence précise qu’il est « gratuit pour un usage dans des systèmes commerciaux comme non commerciaux » (traduction).

Un code LOINC dit précisément ce qui a été mesuré, dans quoi et comment. L’hémoglobine mesurée en concentration massique dans le sang, par exemple, correspond au code LOINC 718-7. Cette précision compte : deux laboratoires peuvent donner le même nom court à un examen et mesurer pourtant des choses différentes. Avec LOINC, le logiciel du médecin sait que le résultat de ce mois-ci se compare à celui du mois dernier, et peut tracer la courbe.

ATC : le médicament

La classification ATC (anatomique, thérapeutique et chimique) range les médicaments selon l’organe ou le système sur lequel ils agissent et selon leur substance. Elle est tenue par le Centre collaborateur de l’OMS pour la méthodologie des statistiques sur les médicaments, à l’Institut norvégien de santé publique, à Oslo, et l’OMS précise que les médicaments y sont classés sur cinq niveaux, du grand groupe jusqu’à la substance.

L’amoxicilline, l’un des antibiotiques les plus prescrits, porte le code ATC J01CA04 : J pour les anti-infectieux à usage systémique, jusqu’à la substance elle-même. ATC code la substance active, pas la marque : une boîte d’un laboratoire et une boîte d’un autre partagent le même code. C’est exactement ce dont une pharmacie a besoin pour lire une ordonnance sans erreur, et ce dont la santé publique a besoin pour suivre l’usage des antibiotiques.

SNOMED CT : le détail clinique

SNOMED CT est la plus détaillée des quatre : une terminologie clinique capable de décrire signes, actes, sites anatomiques et bien plus, avec les relations entre ces notions. Elle est tenue par SNOMED International et s’utilise sous licence. L’adhésion et la licence dépendent du pays, et SNOMED International range les pays à faible revenu parmi les catégories pouvant bénéficier d’une exonération.

Pour un premier projet, SNOMED CT n’est souvent pas le point de départ : la CIM-11, LOINC et ATC couvrent déjà diagnostics, analyses et médicaments, et sont gratuits. SNOMED CT devient utile quand le dossier clinique demande plus de finesse qu’un code de diagnostic, et chaque pays décide s’il prend une licence, et comment.

À retenir

Chaque liste répond à une question. CIM-11 : de quoi souffre le patient ? LOINC : qu’a-t-on mesuré ? ATC : quel médicament ? SNOMED CT : qu’a-t-on observé ou fait, précisément ?

Comment FHIR transporte un code

FHIR, le standard international d’échange de données de santé, n’a qu’une façon de porter un code, la même dans toutes les ressources. Chaque champ codé contient la liste d’où vient le code (son « système », écrit comme une adresse web), le code lui-même et un libellé lisible. Un diagnostic de paludisme à falciparum voyage avec le système de la CIM-11, le code 1F40 et le libellé ; une ordonnance d’amoxicilline porte le système ATC et le code J01CA04.

Liste Ce qu’elle code Publiée par Exemple Coût
CIM-11 Diagnostics, causes de décès OMS 1F40, paludisme à falciparum Gratuite, licence ouverte
LOINC Analyses, mesures Regenstrief Institute 718-7, hémoglobine sanguine Gratuit
ATC Médicaments (substance active) Centre collaborateur de l’OMS, Oslo J01CA04, amoxicilline Consultation gratuite
SNOMED CT Termes cliniques détaillés SNOMED International Signes, actes Licence, exonérations possibles

Un champ peut même porter plusieurs codes à la fois : les mots du médecin, le code CIM-11 et, plus tard, un code SNOMED CT, côte à côte. Rien n’est perdu, et chaque lecteur utilise le code qu’il comprend. Notre guide simple de FHIR présente le reste du standard.

Ce que des codes communs changeraient au Sénégal

Les codes ne servent que si tout le monde s’accorde sur eux. Pour le Sénégal, trois choix comptent.

  • Une liste par type d’information. Cliniques, laboratoires, pharmacies et assureurs doivent utiliser les mêmes listes, pour qu’un diagnostic codé dans une clinique privée ait le même sens pour un assureur et pour le système national d’information sanitaire.
  • Des libellés en français. Les codes ne dépendent d’aucune langue, mais les écrans, si. Les médecins doivent chercher et lire en français, pendant que le dossier conserve le code international en dessous.
  • Rapprocher l’existant. Beaucoup de programmes tiennent déjà leurs propres listes. Inutile de les jeter : chaque élément local peut être rapproché une fois du code international, et la correspondance publiée pour tous.

Le système national d’information sanitaire, le DHIS2, compte les cas par programme et par indicateur. Quand les logiciels cliniques enregistrent des diagnostics codés plutôt que du texte libre, ces comptages peuvent se faire sans ressaisie, comme nous l’expliquons dans DHIS2 et FHIR.

Ce que fait Quralys

Quralys est une plateforme nativement FHIR, en cours de construction à Dakar, avant son lancement. Dans la suite médecin, le médecin tape en français et choisit parmi des suggestions ; le dossier enregistre le code international en dessous : la CIM-11 pour le diagnostic, ATC pour chaque médicament de l’ordonnance et, à mesure que les laboratoires se connectent, LOINC pour les résultats. Le médecin n’a jamais à apprendre un code.

Parce que ces codes sont internationaux, le même dossier pourra ensuite être lu par une pharmacie, un assureur ou le système national, avec l’accord du patient. La page FHIR, simplement montre la place des codes dans l’ensemble.

Sources

  1. OMS : la nouvelle Classification internationale des maladies (CIM-11) entre en vigueur (février 2022)
  2. CIM-11, code 1F40 : paludisme à Plasmodium falciparum
  3. LOINC : présentation
  4. LOINC : licence
  5. LOINC : 718-7, Hemoglobin [Mass/volume] in Blood
  6. Centre collaborateur de l’OMS pour la méthodologie des statistiques sur les médicaments : index ATC/DDD, J01CA04
  7. OMS : classification ATC
  8. SNOMED International : licences
  9. SNOMED International : exonérations
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Écrit par l’équipe Quralys

Quralys construit un écosystème de santé natif FHIR au Sénégal : un dossier que cliniques, pharmacies, laboratoires, assureurs et système national peuvent lire, avec l’accord du patient.

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